CONFUSION, DÉMISSION ET LIBRE CHOIX

Le journaliste du Soleil ( 15 mars 2007) qui a révélé la « division au sommet » au sein de l’Eglise du Québec a semé la confusion en mêlant la catéchèse implantée dans les paroisses depuis au moins deux décennies et l’enseignement religieux proprement dit. Il faut toutefois admettre à sa décharge que les porte-parole des évêques favorables à la suppression de l’enseignement religieux à l’école ont contribué, par des propos ambigus, à entretenir cette confusion. Comme si la formation catéchétique en paroisse et l’enseignement religieux à l’école étaient du pareil au même.

Dans un établissement scolaire de Bruxelles où s’activent des religieuses éducatrices hautement estimées les étudiantes musulmanes forment plus de la moitié de la clientèle scolaire. Elles peuvent bénéficier librement d’un cours de culture chrétienne. Mais on ne leur propose pas de catéchèse. Dans des établissements publics de la laïque Belgique les jeunes peuvent choisir entre six options en matière d’enseignement religieux Un bel exemple de la liberté de choix tel qu’il est normal de la pratiquer en démocratie.

Au Québec, la loi 95 supprime la liberté de choix, même dans les établissements privés. Ce à quoi, hormis le cardinal Ouellet, les évêques ont consenti pour ensuite modifier leur position dans le cas des établissements privés quitte à laisser tomber l’école publique. Pourtant, des dizaines de milliers de parents dont les enfants fréquentent les établissements publics ont revendiqué le droit à l’enseignement religieux et à la liberté de choix. C’est pour le moins peu élégant de les laisser tomber sous prétexte, semble-t-il, que certains d’entre seraient des conservateurs réactionnaires ou encore des gens de piété médiocre.

Ce que demande le cardinal Ouellet, c’est qu’on puisse offrir en toute liberté à des jeunes libres de l’accueillir une présentation honnête, substantielle et sérieuse de la culture chrétienne. Ses collègues dans l’épiscopat ont préféré, semble-t-il, miser sur un cours obligatoire et exclusif de culture religieuse dont les prémisses baignent dans le clair-obscur d’une idéologie qui ne dit pas son nom. A ses fruits on jugera l’arbre.

 

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