LA VOIE DU DIALOGUE

Quelques femmes de religion musulmane se sont rendues à Hérouxville afin de rencontrer des citoyens et citoyennes de ce petit village de la Mauricie devenu célèbre à la suite de la publication d’un code de conduite rédigé à l’intention d’éventuels immigrants. Ces femmes ont cru que la meilleure façon de se comprendre et de développer une estime réciproque était de se parler, de s’expliquer. D’où cette démarche fortement médiatisée, à la fois méritoire, généreuse et qui, espérons-le donnera de bons résultats dans un proche avenir.

Au moment où les médias font écho à cette rencontre je déniche cette réflexion fort pertinente du philosophe Armand Abécassis , qui écrit ( .LA CROIX, 4 février 2007) :. « Autrui est là, pour être reconnu et aimé dans sa façon de porter l’humain car, par sa différence, il témoigne de la richesse et des possibilités infinies de l’humanité ….Nous restons persuadés, nous juifs et vous chrétiens, que le véritable fondement du lien social et du vivre-ensemble ne peut s’arrêter à la tolérance et qu’il faut le rechercher dans l’amour du prochain et du lointain ». Les musulmanes en visite en Mauricie ont mis en pratique à leur insu la règle de conduite que propose ce penseur qui ne partage pas leurs croyances.

Quant aux gens d’Hérouxville, ils ont bien fait les choses. Ils ont fait preuve de respect et de cordialité. Un conseiller municipal a même trouvé que le voile, ça ne manque pas de charme. Il veut en donner un à son épouse, tout en espérant bien qu’elle restera catholique ! On peut prévoir qu’en maints lieux au Québec des citoyens et citoyennes que dérangent certains accommodements insolites voudront aussi amorcer un dialogue. Mieux comprendre et mieux se faire comprendre. C’est la voie d’avenir.

Mais on peut souhaiter qu’on franchisse une autre étape dans le dialogue : que des Québécoises dites de souche se rendent en Arabie saoudite ou en Afghanistan pour expliquer aux hommes de là-bas pourquoi elles ne portent pas de voile et n’ont aucune intention de le faire. Et ce, en toute liberté, sans qu’un islamiste zélé ne menace de leur faire un mauvais parti. Ce serait là un autre pas dans la voie du dialogue.

 

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