NATURE ET CULTURE

« A l’évidence, on ne naît pas humain, on le devient ». Cette perle philosophique, je l’ai cueillie dans un document du Comité sur les affaires religieuses, un organisme qui a comme mandat d’éclairer le ministre québécois de l’éducation dans ses prises de position en matière religieuse. On précise que l’humanité est un projet à construire et non un simple fait.

Que l’éducation et la culture actualisent le potentiel humain des personnes, tout le monde est d’accord là-dessus. Mais cette actualisation concerne un être vivant déjà pourvu d’une identité humaine. Celle-ci est déjà présente dans le petit enfant qui vient de naître. Son corps d’homme ou de femme, sa sensibilité, sa capacité d’intelligence, de savoir et de liberté, tout cela est inscrit au départ dans sa structure physiologique et psychologique. La culture ajoute à la nature, en bien ou en mal, mais le fond originel est toujours présent. Sous des traits qui les différencient en surface, les êtres humains possèdent des caractères communs qui les marquent en profondeur et constituent le premier fondement naturel de la dignité, de l’égalité et de la solidarité.

Si on ne naît pas humain, on est quoi en arrivant au monde ou pendant les mois qui précèdent cette arrivée ? Un indéfinissable amas de cellules vivantes dont la science peut disposer à son gré ? Est-ce là une conclusion qu’on doit déduire de l’énoncé insolite du Comité sur les affaires religieuses ?

Des penseurs renommés font partie du vénérable organisme. Ils rendraient service au ministre et à chacun de nous en explicitant l’idée qu’ils se font de la spécificité de la personne humaine.

 

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