ILS EN PARLENT AVEC ABONDANCE

Tout le monde parle d’eux, paraît-il. Chose certaine, eux ils parlent beaucoup, à la télévision, le dimanche soir. De quoi ? De sexe, souvent. Avec abondance et avec la prétention d’experts chevronnés. Connaisseurs intarissables, ils se relancent mutuellement sur la chose.

Ces bavards du sexe sont les produits d’une ère de liberté sans frein. Pas de ces pauvres « pognés », transis de ma génération, victimes de la grande noirceur. Ils sont nés dans la grande clarté, au fait de toutes les choses qu’il faut connaître, tels des post-modernes du sexe à qui on ne saurait rien apprendre. Et donc censément décontractés, sereins, un peu blasés, puisque rien n’est mystère pour eux. Ils ont dépassé le stade où le sexe puisse étonner. Capables avec ça d’assaisonner leurs propos d’une dose substantielle de vulgarité. Des maîtres en la matière.

Pourtant, on les dirait obsédés plutôt que libérés. Il y a chez eux comme un besoin insatiable de parler de sexe, de multiplier les allusions, de se défouler, de pratiquer un humour douteux, sirupeux. Comme s’ils étaient restés figés au milieu du vaste courant de libération qui nous a permis, paraît-il, de rompre avec un sombre passé encombré d’interdits et source d’obsessions.

A les voir s’exhiber avec pétulance, je suis enclin à regretter une époque où la décence et la bienséance faisaient partie de la qualité des personnes. Les gens issus de cette culture d’autrefois étaient souvent moins instruits, mais d’une civilité plus soignée, mieux fignolée. Et, somme toute, moins obsédés que nos délurés post-modernes.

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