VIVE LA NATION QUEBECOISE !

Le débat sur l’existence de la nation québécoise ne manque pas de pittoresque. Dans le fond, c’est une affaire sérieuse. Derrière les querelles de vocabulaire se profilent des enjeux cruciaux. Les indépendantistes le savent bien, les fédéralistes aussi. Ceux-ci insistent pour dire que la résolution Harper qui reconnaît la nation québécoise n’a qu’une valeur symbolique. Mais ils savent aussi que des symboles cachent parfois de la dynamite sociale. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, était un acte symbolique. On connaît la suite.

Dans le cas du Québec, le terme nation véhicule une dimension historique et culturelle. Il englobe une langue officielle, des institutions, un territoire, un vouloir-vivre collectif où les minorités trouvent leur place. Cet ensemble d’éléments devrait déboucher logiquement, tôt ou tard, sur la souveraineté politique.

Il arrive que des obstacles divers freinent l’accès à la souveraineté d’entités nationales importantes. C’était la situation vécue par plusieurs nations au temps de l’Empire soviétique. C’est, par exemple, de nos jours celle du Kurdistan.

Il est des cas où, vue de l’extérieur, la revendication nationale apparaît ambigüe et ne pas sembler amorcer une quête de souveraineté politique complète. Pensons aux Gallois, aux Ecossais, aux Catalans. Mais peut-être que la tendance dominante ira de plus en plus dans le sens d’une telle forme de souveraineté. L’avenir le dira.

Au Québec la donne est relativement simple. La volonté collective aura l’occasion de s’affirmer démocratiquement lors d’une prochaine consultation populaire où chaque partie devra, cette fois-ci, respecter les règles en vigueur. Plus de référendum volé, comme en 1995.

La souveraineté politique n’est pas qu’une plaisante vanité dont on se gratifie. Elle fournit une assise précieuse pour le développement d’un peuple. Qui plus est, l’accroissement du nombre d’Etats-nations de tradition démocratique est susceptible de réduire les tensions entre les peuples et donc de favoriser la paix. Devenue souveraine, la nation québécoise sera plus en mesure de fournir une contribution originale et fructueuse à l’instauration de rapports de solidarité entre les peuples.

 

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