Dialoguer avec l’islam

Le dialogue ouvre la voie qui conduit à une meilleure connaissance de l’autre et favorise la paix. C’est sans doute attirés par cette perspective que des représentants de l’islam et des porte-parole chrétiens se rencontrent, comme cela se produit actuellement en France, à Rome et ailleurs. On a tout à gagner à ce rapprochement entre deux religions monothéistes.

De quoi parle-t-on dans ces rencontres, je ne saurais dire. Mais le monde ordinaire qui puise son information dans les médias est en train de se faire une idée de plus en plus claire des questions qu’on devrait aborder en priorité quand on dialogue avec des amis islamistes.

Les médias nous apprennent que la violence perturbe la vie quotidienne dans plusieurs pays musulmans. On s’y entretue sans merci, on pose des bombes, on multiplie les attentats-suicides, les femmes y sont victimes de sévices honteux. Qui plus est, prétendant s’inspirer du Coran, des terroristes s’infiltrent dans les pays occidentaux et menacent la sécurité de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants Effectuer un simple voyage en avion est devenu une aventure risquée. La religion des uns met en péril la survie des autres.

Quelques versets coraniques où il est question de paix et de fraternité ne réussiront pas à gommer l’impression qu’on a affaire, dans le cas de l’islam radical, à une idéologie religieuse imprégnée de violence, hautement méprisante à l’égard des femmes et allergique aux droits humains. Il devient impératif que des porte-parole crédibles faisant autorité au sein du monde musulman dénoncent sans équivoque ce qui apparaît, aux yeux de spécialistes de cette religion, comme une perversion du message originel. Dans une telle conjoncture, garder le silence risque de passer pour une approbation et peut induire certains à conclure que c’est tout l’islam qui revêt le caractère d’une idéologie religieuse néfaste.

« C’est s’enfouir la tête dans le sable, écrit Jean Daniel ( Le Nouvel Observateur, 17-23 décembre 2009), de ne pas voir qu’il y a une force musulmane qui s’affirme dans le monde , qu’elle est présente en Europe et en France et qu’elle peut poser des problèmes ». Et d’ajouter : « Nombre de musulmans désavouent de toutes leurs forces les virtualités intégristes de l’islam. Mais qu’ils le disent tout haut, au nom du ciel, qu’ils le disent ! »

Il y a là une problématique que les experts en œcuménisme devraient inscrire à leur agenda, s’ils ne l’ont pas déjà fait. Ils ont l’obligation de pratiquer le dialogue « dans la vérité », c’est-à-dire ne pas escamoter des réalités dramatiques que l’on pourrait être tenté de camoufler sous des oripeaux religieux et qui perturbent gravement le quotidien du monde ordinaire, tant celui des musulmans que des non-musulmans.

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