TRIBULATIONS PAPALES

Le métier de pape n’est pas facile à exercer. Dans le passé, certains titulaires de la charge de Pasteur suprême ont affronté de grosses turbulences. Adrien IV, d’origine anglaise, dut quitter la résidence papale à la hâte parce que des citoyens en colère voulaient le rosser. En 1309, l’insécurité qui régnait à Rome incita le pape Clément V à accepter l’invitation du roi de France Philippe le Bel et s’installa à Avignon. En 1527, des troupes au service de l’Empereur Charles-Quint emprisonnèrent le pape Clément VII et saccagèrent la ville de Rome. Pie VI mourut en exil en France, prisonnier des troupes révolutionnaires. Napoléon Bonaparte, en rogne contre Pie VII parce que ce dernier refusait de se plier à toutes ses fantaisies, le garda longtemps en résidence surveillée. Pie IX assista impuissant au démantèlement des Etats pontificaux. Pie XII vécut plusieurs mois sous la menace d’un enlèvement qu’Hitler songeait à perpétrer contre sa personne. Jean-Paul II fut victime d’un attentat dont l’auteur était un jeune Turc de confession musulmane, probablement stipendié par des sous-traitants bulgares au service du pouvoir soviétique ; des proches, selon certains, d’un dénommé Poutine, à l’époque officier du KGB.

Benoît XVI à son tour doit affronter des turbulences. Une seule allusion à un apparentement possible entre l’Islam et la violence lui vaut des menaces de mort. Rien de moins. Quel respect de la liberté d’opinion et quel esprit de dialogue !

Le pape n’a tué personne. Il a rappelé ce qui lui apparaît être une donnée historique. Si ce qu’il a dit est faux, il importe de le démontrer. Si c’est fondé, les historiens, penseurs et théologiens musulmans devront se pencher sur la question. Surtout qu’on ne cesse de déceler de nos jours des événements et des comportements qui peuvent laisser croire que la culture islamique véhicule avec elle une propension à cautionner la violence au nom du Coran. Est-ce une perception fondée ou une erreur d’appréciation ? Voilà ce qu’il faut clarifier.

Savoir si le pape a manqué à la rectitude politique est une question secondaire. Encore une fois, ce qui importe, c’est de savoir si ce qu’il a dit ou laissé entendre est vrai ou faux. Il incombe aux historiens et aux spécialistes de la pensée islamique de nous éclairer là-dessus.

Le culte de la vérité est un pilier de la paix, nous dit Jean XXIII. Dans cette affaire, mieux vaut chercher où loge la vérité plutôt que de brandir des menaces de mort ou d’incendier des églises.

 

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