PORTRAIT DU TERRORISME

Depuis le 11 septembre 2001 le terrorisme est devenu un mot-clé de la politique internationale. C’est au nom de la lutte contre le terrorisme que furent entreprises l’occupation militaire de l’Afghanistan et, subséquemment, celle de l’Irak. Mais un problème est demeuré en plan : celui d’une définition du terrorisme qui ferait l’objet d’un consensus général.

Selon une définition qui a reçu l’aval de personnalités influentes qui œuvrent au sein de l’ONU, le terrorisme prend forme dans « toute action qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d’un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d’intimider une population ou de forcer un gouvernement ou une organisation à prendre une quelconque mesure ou à s’en abstenir » Dans les faits, ce projet de définition vise avant tout le terrorisme dénoncé dans les discours officiels, mais semble escamoter certaines formes de violence brute non moins terrorisantes que les actions sournoises de groupuscules du genre Al-Qaeda.

Selon Gaston Bouthoul (Etudes polémologiques, vol.3, no.8), l’acte terroriste a pour but de répandre des « ondes de crainte » et vise à « créer des psychoses de peur. Il crée aussi chez ses auteurs des sentiments d’orgueil et de toute-puissance : le droit de vie et de mort ». Il peut revêtir plusieurs formes. Bouthoul en signale quatre : le terrorisme du pouvoir (v.g.la terreur stalinienne), le terrorisme des vaincus (v.g.la Résistance française au temps de l’Occupation allemande), le terrorisme de guerre civile (v.g. le conflit en Irlande du Nord), le terrorisme subversif (v.g. la lutte algérienne contre l’occupation française).

La signification du terme varie selon les circonstances. . Ce qu’un pouvoir en place dénonce comme du terrorisme pourra être qualifié d’acte de résistance de la part de ceux qui s’estiment opprimés. Les terroristes israéliens qui, avant la fondation de l’Etat d’Israël, s’opposaient à la présence britannique en Palestine se considéraient comme des soldats de la libération alors que les Britanniques les traitaient de criminels.

Toutes ces distinctions n’atténuent en rien la gravité de la violence brute dont sont victimes des innocents, surtout quand on prend ceux-ci pour cibles dans le but de semer la terreur. Jamais la fin ne justifie les moyens.

 

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