OÙ SONT LES ANTISEMITES ?

On ne peut prévoir quelle sera l’efficacité de la campagne entreprise par des leaders canadiens non juifs contre l’antisémitisme au Canada (Voir LA PRESSE, 11 septembre 2006). On peut cependant s’interroger sur l’opportunité de cette campagne et sur la nature de l’objectif poursuivi.

Des courants antisémites se son manifestés autrefois, aussi bien au Québec qu’ailleurs au Canada. Moins au Québec, selon certains historiens, qui ne manquent pas de rappeler que ce sont les très catholiques citoyens de Trois-Rivières qui furent les premiers à élire un député de confession juive à l’Assemblée législative du Bas-Canada. En contrepartie, on observe, dans les années précédant la deuxième guerre mondiale, des manifestations d’un activisme antisémite, mais celui-ci incarnait plus une forme de xénophobie qu’un parti pris idéologique à la manière de l’antisémitisme nazi.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, marquée par l’horreur de l’Holocauste, on a éprouvé le besoin de se mieux connaître et de dialoguer.. C’est dans cette optique que fut fondé à Québec le mouvement des Amitiés judéo-chrétiennes où des catholiques, des protestants et des juifs ont partagé leurs croyances, appris à mieux se connaître et cherché à dissiper les préjugés qui contribuent à dresser des barrières entre citoyens de cultures différentes. Une telle initiative s’inscrivait dans une tendance de plus en plus répandue qui allait connaître un accomplissement avec la Déclaration du Concile Vatican 11 sur la liberté religieuse et celle qui proclame la vocation unique du peuple juif., confirmant la prise de position historique de Pie XI proclamant : « Nous somme tous spirituellement des sémites ».

L’antisémitisme, me semble-t-il, s’est grandement atténué au Canada et au Québec. C’est pourquoi la campagne amorcée par des leaders canadiens non juifs étonne un peu. A moins que les responsables de cette initiative confondent l’antisémitisme avec les réactions critiques face à certains comportements de l’Etat d’Israël .Or on peut à la fois témoigner beaucoup de respect envers le peuple juif, qui a donné au christianisme ses lettres de noblesse, et dénoncer un impérialisme sioniste dont les excès, lors du récent conflit au Liban. ont heurté la sensibilité de millions de gens partout à travers le monde.

Il serait maladroit qu’on brandisse le spectre de l’antisémitisme pour cautionner des comportements politiques inacceptables et la violence armée dont a été victime le peuple libanais.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *