MIRACULEUSE CONCURRENCE

Profane en science économique j’accueille habituellement avec révérence les propos sentencieux et les admonitions des gourous de ce savoir. Je le fais tout en prêtant l’oreille aux critiques formulées par le grand économiste John K.Galbraith, selon qui le savoir économique s’apparente autant à une croyance qu’à une science.

Un dogme souvent ressassé de cette science proclame les bienfaits de la libre concurrence. Débarrassée de toute entrave et de tout contrôle, celle-ci est censée apporter le maximum d’avantages aux citoyens ordinaires, Grâce à elle, on en aurait pour son argent et même plus. .

Et quelle rigueur dans la calcul des frais de production afin d’en arriver au juste prix dont profitera le consommateur ! Dans le cas du pétrole, on dirait un vrai miracle. Peu importe que le précieux produit arrive de l’Indonésie, de la Russie, de l’Arabie saoudite, du Venezuela, de l’Angola, de l’Alberta ou d’ailleurs, on réussit, dans chaque région, à vous le vendre à un prix identique à la pompe, que vous habitiez Montréal, Québec, Gaspé, Saint-Eleuthère, Saint-Ephrem, Sainte-Catherine, Neuville et ailleurs. A peu de variantes près, c’est l’uniformité des prix qui prévaut. Concurrence qu’on nous dit féroce, où Esso rivalise avec Shell, Petro Canada. Ultramar et les autres. Tous les postes de vente augmentent également les prix en même temps ou, plus rarement, les réduisent en même temps.

Cela relève du miracle. A moins qu’il ne s’agisse d’un oligopole qui se paie la tête et le porte-monnaie des citoyens ordinaires.

Miracle ou supercherie ? Il n’est pas superflu de soulever la question.

S’il s’agit d’un miracle, pourquoi ne pas en partager les effets bénéfiques ? Une taxe spéciale sur les profits faramineux des pétrolières aiderait grandement à financer les soins de santé et les dépenses en éducation.

S’il y a supercherie, il serait approprié d’alourdir la taxe spéciale. Car il y a tout de même des limites à se moquer du monde.

 

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