NOTRE DAME DU CANADA

A la fin de la messe, au lendemain du 1 juillet, dans une paroisse de la région de Québec, on invite les membres de l’assemblée à chanter le cantique « Notre Dame du Canada ». Initiative politique ? Acte religieux ? Difficile à dire.

« Regarde avec amour sur les bords du grand fleuve un peuple jeune encore qui grandit frémissant ». Il s’agit bien de Québécois de souche, ou encore de ceux qui ont commencé, au milieu du XIXème siècle, à se dire Canadiens français. Un peuple distinct que la Vierge « a plus d’une fois consolé dans l’épreuve »., la plus douleureuse de celles-ci étant la défaite de 1759. En visite à Québec en 1831, Alexis de Tocqueville, témoin des séquelles sociales, culturelles et psychologiques de la domination britannique, estimait que la pire épreuve pour un peuple était d’avoir été conquis.

« Garde –nous tes faveurs, veille sur la patrie et sois du Canada Notre Dame, ô Marie ». De quel Canada s’agit-il ? Celui qui a pris forme au temps de la Nouvelle-France ou celui qui, depuis 1867, amalgame bon gré mal gré deux nations, l’une francophone, l’autre anglophone ?

Nombreux sont les Québécois qui n’ont pas encore réglé leur problème d’identité, comme l’ont fait depuis longtemps les Polonais ou encore les Slovènes, les Slovaques, les Monténégrins ou ce petit peuple du Timor-Oriental qui a obtenu son indépendance face à la puissante Indonésie. Mais on ne les aide pas à y voir clair dans la prise de conscience d’eux-mêmes en laissant entendre que c’est le 1 juillet que l’on célèbre la fête du « jeune peuple qui grandit frémissant sur les bords du grand fleuve ».

 

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