Sous la direction de Suzanne Clavette

Participation des travailleurs et réforme de l’entreprise
Texte de la Commission sacerdotale d’études sociales
Québec, PUL, 2006

La condition ouvrière au regard de la doctrine sociale de l’Eglise,
Projet de Lettre pastorale des évêques du Québec
Québec, PUL, 2007

Chercheure réputée, auteure de Gérard Dion, artisan de la Révolution tranquille, Suzanne Clavet dirige la collection Histoire sociale-documents. Les deux titres ci-dessus mentionnés en font partie. L’intérêt particulier du premier document est de mettre à notre disposition un texte pratiquement introuvable de nos jours et qui témoigne de l’effervescence qui régnait au Québec, dans les milieux syndicaux, patronaux, politiques et de pastorale sociale concernant les débats de société dans les années d’après-guerre. Ceux qui, dans plusieurs pays, on désignait sous l’étiquette de chrétiens sociaux, s’interrogeaient sur la réforme de l’entreprise, les droits des travailleurs, la copropriété et la cogestion. Dans ce contexte, les membres de la Commission sacerdotale d’études sociales décident, à l’été 1947, d’aborder de front ces questions et rédigent un document de synthèse qui sera rendu public en 1949, peu de temps après la fin de la grève de l’amiante. Le document fera l’objet de débats virulents au sein même de la Commission, qui devra tenir compte d’opinions dissidentes.

Simultanément et dans la foulée de la grève de l’amiante la Commission s’applique à concrétiser le projet d’une lettre pastorale sur la condition ouvrière. De nouveau des divergences se manifestent à la fois entre évêques et entre théologiens et éthiciens spécialisés dans le domaine social. Suzanne Clavette a retrouvé la version originelle de la lettre, qui diffère sur maints points de la version officielle qui, après plusieurs délais, paraîtra le 31 mars 1950, deux mois après la démission forcée de l’archevêque de Montréal, Monseigneur Joseph Charbonneau.

Nonobstant les multiples concessions consenties par les rédacteurs de la version originelle le texte officiel du mois de mars sera la cible de critiques nombreuses. Deux écoles s’affrontent ; de part et d’autre on ne lâche pas prise.

Les deux versions du document donnent l’image d’une Eglise bien engagée socialement et qui offre un vaste espace pour la manifestation d’opinions diverses. Un temps qu’on évoque non sans une certaine nostalgie. Non pas que la liberté de s’exprimer ait disparu, mais tout simplement pace que des acteurs ont disparu de la scène et que la relève n’a pas repris le flambeau.

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