LA COLÈRE DE MADAME PAYETTE

Madame Lise Payette est en colère contre un pharmacien qui, au nom de sa religion, a refusé de vendre à une cliente « la pilule du lendemain ». (Le Devoir, 7 août 2015). Elle voudrait que ce pharmacien laisse sa religion à la maison et, donc aussi, qu’elle le veuille ou non, sa conscience, puisque religion et conscience sont souvent imbriquées l’une dans l’autre.

Cette requête m’inquiète, car j’aime bien que mon pharmacien apporte sa conscience avec lui quand il remplit une prescription, tout en souhaitant d’autre part que cette conscience s’inspire de normes objectivement valables et communément admises. Ce qui, dans la pratique, n’est pas toujours chose facile à vérifier. L’Ordre des pharmaciens et plusieurs éthiciens s’efforcent de pallier les situations complexes qui peuvent se présenter dans ce domaine. 

Qu’une croyance soit impliquée ou non, la rectitude de conscience d’un pharmacien ou d’un médecin ne se règle pas en décrétant que chacun devra laisser sa religion à la maison, puisque religion et conscience sont souvent étroitement reliées. Or la conscience éclairée de chacun et chacune constitue un apport précieux pour la vie en société. Il arrive qu’une croyance l’aide dans son fonctionnement; il arrive aussi que celle-ci apporte un mauvais éclairage. Il se peut d’autre part que l’incroyance ne soit d’aucune utilité. Quoi qu’il en soit, la conscience demeure la règle ultime qu’il faut savoir respecter. Il est souhaitable dès lors de ne point se mettre en colère face à des situations complexes où conscience et religion sont impliquées.

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