ÉCHOS QUI SE FONT ATTENDRE

J’en suis à ma troisième lecture de l’encyclique Laudato si, dont nous a fait cadeau le pape François. Je ne cesse d’y recueillir des propos éclairants. La sereine radicalité du document m’impressionne. L’approche qu’il privilégie à l’encontre du discours à la mode,  marqué par le libéralisme échevelé  et la technocratie sans frein, revêt une dimension révolutionnaire.

Logiquement, une telle manière de voir devrait intéresser les chrétiens, les réjouir, guider leurs préoccupations dans le domaine social. Or j’ai cueilli peu d’échos du document dans les quelques publications à caractère religieux  que j’ai eu l’occasion de consulter. Comme si le discours de François ne réussissait pas à perturber une  sorte de ronron qui marque le  quotidien dans de nombreuses demeures de la vie ecclésiale et qui se reflète parfois dans des homélies dominicales.

Heureusement, Laudato si s’adresse à tous les gens de bonne volonté. Certains parmi eux   et elles campent sur le perron de l’église, d’autres  logent en diaspora. De leur nombre on en trouve déjà qui font écho à la parole de François. Voilà qui augure bien pour l’avenir.

 

 

2 pensées sur “ÉCHOS QUI SE FONT ATTENDRE”

  1. Vous signalez le manque d’écho de la « presse chrétienne » à l’encyclique Laudato si.
    Le problème n’est pas tant chez les chrétiens, i.e. ceux qui cherchent à suivre Jésus et son message, que dans les structures de l’Institution. Celle-ci est humaine, masculine, réfractaire à « la nature » symbole de sauvagerie et d’égarement, qu’il faut « dompter ». Une grande partie de l’évangélisation dans les deux Amériques fut fondée sur cet a priori. On a vu les conséquences de cette vision dans les pensionnats pour enfants autochtones.
    Il y a aussi les réticences de ceux qui n’aiment pas que les « religieux » s’introduisent dans la discussion scientifique. L’affaire Galilée, comme les inepties musulmanes sur la rotation de la terre ou les remarques Benoît XVI sur l’inefficacité du condom, dissuadent définitivement les gens de raison de continuer à les écouter.
    Or ce cas-ci est exactement l’inverse; François se réfère à la science pour suggérer un enseignement pour la conduite de l’homme. Le monde scientifique a d’ailleurs très bien réagi à son message, partout dans le monde. « Les Années- lumières », émission radio du dimanche de la SRC, entre autres.
    Vous faites bien de signaler que parmi les chrétiens, il y en a qui adhèrent volontiers au message de François, notamment ceux qui se tiennent sur le « perron », comme vous dites. C’est le cas des membres du Parvis de Québec, qui font largement écho à l’encyclique, comme on le voit sur leur site.
    http://www.parvisquebec.com/
    Merci de nous inciter à relire Laudato si.

    1. Réflexions éclairantes, qui appellent néanmoins quelques réserves, par exemple l’antinomie affirmée entre les chrétiens et les structures de l’Institution. Il faudrait ici nuancer un petit peu.

      Louis O’Neill

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