LES PROPOS PIEUX ET L’ACTUALITÉ

Je viens d’écouter une homélie. Des propos bien structurés, un beau parler, un français de qualité. Rien à dire sur la forme.

Mais j’ai ressenti une certaine déception sur le fond. Après une brève allusion au drame vécu par les migrants venus de Syrie, le célébrant a centré son discours sur les épreuves personnelles de ses auditeurs. Ceux-ci, leur a-t-il dit, souffrent et cela est normal : c’est la vie. Surtout qu’en vieillissant les épreuves se font plus nombreuses. Faut donc apprendre à supporter ses peines. Les auditeurs, dont plusieurs sont d’un âge certain, ont été invités à souffrir vertueusement. Ce qui est en soi une chose fort louable.

Paradoxe : la liturgie du jour rapporte des propos de l’Apôtre Jacques invitant à pratiquer une foi qui incite non pas à se regarder le nombril mais à aider les autres qui souffrent de faim et de misère. Tels ces migrants syriens en quête d’une terre d’accueil.

Les propos de l’Apôtre m’ont paru plus collés à la réalité présente que les pieuses considérations du célébrant, tout bien intentionnées fussent-elles.

1 pensée sur “LES PROPOS PIEUX ET L’ACTUALITÉ”

  1. Cette épître de Jacques pose l’un des dilemmes les moins résolus de la vie chrétienne : la foi ou les actes ? Il est facile de répondre : il faut les deux, bien sûr. Mais Jésus dit souvent : «Ta foi t’a sauvé ». Vous mettez face à face la souffrance de chacun et la souffrance des autres. Autrefois il y avait la notion de sacrifice. Elle reposait sur l’idée « d’offrir » sa souffrance à Dieu, ce qui n’avait guère de sens, Dieu n’ayant pas vraiment besoin de ce « cadeau ». Aujourd’hui je suppose que cela veut dire que l’on puisse demander à Dieu que la souffrance que l’on vit au quotidien soit autant d’épargné à quelqu’un d’autre. Quand on ne peut rien faire d’autre pour lui.

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