J’AI SOUVENANCE

J’ai souvenance d’un matin, tard en novembre 1976, où je me rendis pour la première fois à mon bureau du Ministère des affaires culturelles, dont j’étais devenu le titulaire. Je me demandais ce qui m’attendait. Or voici qu’à l’entrée se tenait Jean-Paul L’Allier, ministre sortant, venu m’accueillir sur place afin de rendre les choses plus faciles. Il avait sans doute deviné qu’un petit de coup de pouce au départ ne serait pas de trop pour le néophyte que j’étais. Il me fit visiter les lieux, me parla de quelque dossiers, me souhaita bonne chance et ensuite quitta les lieux. Transition amicale effectuée par un grand commis de l’État pour qui le service public avait préséance sur les divergences politiques. Ainsi était cet homme, dont on a dit grand bien, et avec raison.

2 pensées sur “J’AI SOUVENANCE”

  1. Quel bel hommage.
    De plus il présente un caractère unique : qui d’autre pourrait raconter, à la première personne, avoir été accueilli, comme nouveau ministre, par son prédécesseur à ce poste.

  2. Ce n’est pas très long le commentaire que j’ai lu dans le Devoir de ce matin. Mais de tout ce que j’ai lu et entendu sur l’Allier depuis son décès, c’est un des textes qui donne le mieux la mesure de l’homme.

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