GLISSEMENT DES MOTS

Il se produit de nos jours comme un glissement du sens des mots. Par exemple, il fut un temps où l’on parlait indifféremment d’éthique ou de morale.On expliquait le doublement des mots par leur origine, l’une grecque, l’autre latine. De nos jours, la morale a perdu des plumes et l’éthique a gagné en noblesse. La morale est souvent associée au moralisme, tandis que l’éthique sert d’écran à une moralité qui ne dit pas son nom et veut passer inaperçue, comme si la morale dégageait une odeur ringarde.

De même, on cherche à distinguer l’euthanasie et l’aide médicale à mourir. Celle-ci a acquis le statut de soin de santé. Elle tend à éclipser l’euthanasie et le suicide assisté. C’est moins gênant de traiter de ces choses quand on ne les nomme pas. Le glissement des mots ou leur effacement rendent le propos plus facile.

Dans certains pays, il arrive que, pour désigner l’avortement, on parle de soins de santé sexuelle et reproductive. La formule est lénifiante. Grâce à elle, l’avortement acquiert à son tour le statut de soin de santé. Ce qui rend le débat plus compliqué pour les pro-vie. Ici encore le vocabulaire devient une arme de combat. Même si le vrai problème perdure, à savoir s’il s’agit, oui ou non, de la suppression d’une vie humaine ou potentiellement humaine. Le glissement des mots ne change rien à la réalité des choses.

Ce qui fait que le débat continue.

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