LE BRUIT DES ARMES

Les peuples rêvent de paix, mais les conflits armés marquent l’actualité. Ils font souvent la manchette. Quant au commerce des armes, auquel malheureusement le Canada participe, il ne fait pas de bruit, mais il occupe néanmoins un large espace dans l’activité économique mondiale. Des pays économiquement développés se disputent les acheteurs, parmi lesquels figurent plusieurs pays pauvres. C’est ainsi que l’Inde se retrouve au premier rang des acheteurs d’armes, alors qu’une large fraction de sa population croupit dans le sous-développement. On s’y prépare en vue d’éventuels conflits, mais on ne semble pas trop savoir comment s’y prendre pour vaincre la sous-alimentation, approvisionner la population en eau potable et assurer un minimum de soins de santé. La culture d’armement passe avant la satisfaction de besoins humains fondamentaux.

Le bruit des armes se fait entendre de plus en plus de nos jours, un peu comme cela s’était produit dans les années qui ont précédé la première Guerre mondiale. Tensions entre la Chine et les pays voisins, entre l’Inde et le Pakistan, entre l’Ukraine et la Russie, multiples affrontements qui affligent les pays islamiques, douloureux conflit qui perdure en Syrie, menace djihadiste. Des armes sophistiquées aggravent le risque de destruction massive, un danger que véhicule déjà l’arme nucléaire, silencieuse pour le moment mais toujours à portée de main.

Des historiens cherchent encore pourquoi le monde a basculé dans la guerre en 1914. Certains pointent du doigt le manque de vision des dirigeants politiques ou encore leur ineptie, ou encore la pétulance de militaires impatients d’en découdre avec l’ennemi, réel ou virtuel. D’autres soulignent l’impact d’une culture belligène qui s’était répandue au sein des collectivités. On a joué avec le feu, avec les tensions et on a tout à coup perdu le contrôle des événements. L’assassinat, par un étudiant serbe un peu fêlé, d’un prince de l’Empire austro-hongrois, a déclenché un conflit dont le déroulement, dans la suite, a échappé aux décideurs politiques. La guerre s’est dès lors emparée des peuples, telle une sorte d’épidémie. En furent victimes des millions de petites gens, des familles, des enfants. En tirèrent gloire des milliers de combattants et quelques généraux. Suivit une mauvaise gestion de la paix retrouvée, d’où émergèrent les conditions ouvrant la voie pour un autre conflit, encore plus meurtrier.

Nonobstant le bruit des armes perdure néanmoins de nos jours une vaste aspiration à la paix. De nombreuses initiatives visent à rendre celle-ci moins fragile, tels les efforts incessants d’organismes relevant des Nations-Unies, les interventions du Saint-Siège, les activités diplomatiques provenant de sources diverses, l’aide aux populations victimes des conflits armés, le soutien au développement des peuples, lequel, selon Paul VI, donne un nouveau nom à la paix. Pour lui, le développement des peuples est devenu la nouvelle façon de désigner la paix comme projet.

L’instauration et la consolidation de la paix dépendent de l’engagement d’hommes et de femmes de bonne volonté. Elle est aussi un don fragile menacé par la bêtise humaine, le culte de la violence ,les injustices de toutes sortes, les exactions de petits potentats déchainés. Une avancée humaine qui, nous dit Jean XXIII, repose sur quatre piliers :la vérité, la justice, la liberté, la solidarité. Le risque devient plus grand d’entendre le bruit des armes quand ces piliers sont ébranlés. Voilà ce qui doit préoccuper particulièrement ceux qui veulent être des artisans efficaces de paix.

2 pensées sur “LE BRUIT DES ARMES”

  1. Je pensais à vous un instant (j’ai une très bonne mémoire des noms et de l’histoire) et puis je me disais, est-ce que Louis O’Neill est toujours de ce monde?

    Me voici heureux d’apprendre que non seulement vous l’êtes, mais votre esprit est aussi vif qu’avant.

    Salutations,

    Un descendant du patriote et tribun Come Séraphin Cherrier.

  2. Amicales salutations. Merci pour l’aimable commentaire. Oui, je suis toujours vivant, de par la volonté du Seigneur. Et sans aucune velléité de recourir à l’aide médicale à mourir! Heureux de pouvoir vous compter parmi mes lecteurs.

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