LE NÉCESSAIRE ET LE SUPERFLU

Un bain par semaine dans un CHSLD,  c’est suffisant, selon le ministre québécois de la Santé. On peut en déduire que si l’on dépasse cette fréquence, on pénètre  dans le territoire du superflu, voire du luxe. Or  le luxe, tout le monde le sait, peut mettre en danger l’équilibre budgétaire. Vaut mieux, semble-t-il, être moins propre ou se sentir moins propre que de risquer de nuire aux finances publiques.

On est devenu bien pauvre au Québec pour ne pas être capable d’assurer des soins hygiéniques décents  à une large catégorie de citoyens. On nous dit pourtant que le fédéralisme canadien est une garantie de prospérité et  d’enrichissement collectif. Il devrait donc nous assurer de vivre dans la propreté d’un océan à l’autre, «  a mari usque ad mare », comme le proclame la devise officielle du Canada. Mais notre ministre de la Santé semble voir les choses autrement.

En attendant des temps meilleurs, les citoyens et citoyennes coincés dans un CHSLD  devront se contenter d’un bain par semaine et de quelques ajouts à la débarbouillette, tout en espérant que le ministre révise l’idée qu’il se fait de la distinction entre le nécessaire et le superflu.

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