LA CLASSE MOYENNE À L’AVANT-SCÈNE

Sauver la classe moyenne, la protéger, lui assurer les faveurs de l’État : c’est la préoccupation première de plusieurs politiciens. Certains en font une priorité absolue, une sorte de crédo. Laquelle classe dite moyenne comporte plusieurs franges dont une caractérisque commune est d’avoir accès à des avantages économiques et sociaux qui dépassent la satisfaction de besoins de base. Son essor serait, dit-on, une garantie de progrès pour l’ensemble de la société.

L’objectif peut sembler en soi défendable. Mais il ne peut, dans une société marquée par le souci de la justice, avoir préséance sur les besoins et les attentes de ceux et celles qui ne disposent pas des ressources permettant de répondre aux exigences de ce qui est considéré comme faisant partie des besoins de base. La justice distributive commande d’accorder la priorité à une politique sociale qui assure aux moins nantis l’accès à un emploi convenablement rémunéré, à un logement décent, aux soins de santé, à la sécurité alimentaire, à l’éducation, à la vie culturelle. Ce sont de tels critères qui permettent de mesurer le niveau de développement humain d’une société.

Me revient ici en mémoire ce propos de Jean XX111 : « La richesse économique d’un peuple ne résulte pas seulement de l’abondance globale des biens , mais aussi et plus encore de leur distribution effective suivant la justice, en vue d’assurer l’épanouissement personnel des membres de la communauté : car telle est la véritable fin de l’économie nationale » ( Mater et Magistra).

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