LE DÉLIT D’ÊTRE PAUVRE

Le gouvernement du Québec a adopté une loi qui vise à réduire à la famine ceux et celles qui manquent de zèle dans la recherche d’un emploi. Ces prestataires que l’on pourchasse vont allonger la liste des pauvres qui sont en attente de paniers de Noël. On tape sur la tête des plus démunis quitte à s’en remettre à la charité privée pour pallier le resserrement de l’aide publique.

Il en est ainsi parce que l’État manque d’argent, nous dit-on. Mais ce manque résulte en partie du fait que l’État se prive de ressources qui lui reviennent. Par exemple, on laisse émigrer dans des paradis fiscaux des milliards$ qui devraient servir à répondre aux besoins collectifs, à commencer par ceux des plus démunis. « Les paradis fiscaux, une maladie qu’il faut enrayer », nous dit Joseph Stiglitz, prix Nobel de l’économie. Mais il semble plus simple de taper sur la tête des plus démunis que de rappeler à l ‘ordre de grandes entreprises qui font fi de leurs obligations sociales.

1 pensée sur “LE DÉLIT D’ÊTRE PAUVRE”

  1. Nul besoin d’aller aussi loin que dans les paradis fiscaux pour retrouver l’argent dont l’État « manque » (encore qu’il y ait là une grosse cagnotte, comme vous le dites bien).

    L’argent mal dépensé ici, dans les contrats aux dépassements calamiteux, dans les projets pharaoniques qui trouvent instantanément le financement de l’État, dans le « huilage » et les retours d’ascenseurs, prive les personnes itinérantes, les refuges pour femmes violentées, et le simple monde ordinaire qui peine à s’en sortir même quand il a un emploi.

    Au fond vous avez raison : c’est plus facile de priver d’argent les pauvres qui se trouvent ici et sont parfaitement visibles que d’aller fouiller un peu plus loin ou plus creux chez ceux qui se cachent dans l’ombre des plis du système.

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