UN CARDINAL HORS NORMES

Une belle histoire, celle que nous rapporte  La Croix du 20 novembre 2016 : celle de ce prêtre albanais que le pape François vient de nommer cardinal. Il n’est pourtant pas  évêque ce Don Ernest Simoni, qui a passé plus de vingt ans dans des prisons que le régime communiste d’antan utilisait pour y enfermer de  présumés ennemis de l’État, incluant  au premier rang des prêtres, des religieux,des religieuses et d’autres citoyens reconnus pour leur appartenance chrétienne. Des milliers  de ces témoins de la foi y ont trouvé la mort.  Pour sa part, Don Ernest a échappé à deux reprises  à une condamnation à mort et a réussi, à ses risques et périls,  à organiser en prison des activités spirituelles et religieuses auxquelles participaient des musulmans aussi bien que des chrétiens, les uns catholiques , les autres orthodoxes. Un expert en pastorale de la périphérie, dirait sans doute le pape François.

Un parcours aussi exemplaire méritait sûrement une telle reconnaissance. Mais il ne faudrait pas d’autre part passer sous silence le contexte , celui de l’oppression exercée par un communisme athée et agressif,  qui a étouffé pendant des décennies toute aspiration à la liberté non moins en Albanie que dans d’autres pays. Idéologie  paralysante dont des millions d’hommes et de femmes  subissent toujours le poids de nos jours. Ce qui étonne, c’est que des intellectuels patentés persistent encore à se réclamer de cette même idéologie délétère qui empoisonnait la vie collective au temps où Don Ernest pratiquait sa pastorale de la périphérie.

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