LA RAISON ET L’ÉMOTIVITÉ

Des sénateurs canadiens estiment que les citoyens- au premier rang les Québécois-  sont trop émotifs quand on parle de pétrole et de pipeline (Voir Le Devoir, 8 décembre 2016). Ce serait trop émotif, paraît-il, que de s’inquiéter des risques que font courir  l’exploitation des sables bitumineux et le transport par pipeline. Ce qui est raisonnable, c’est de « tirer parti des abondantes ressources  de notre pays au profit de tous les Canadiens », sans être obsédé par la question de l’environnement. Selon l’un de ces vénérables sénateurs,« toute politique énergétique au Canada ne peut reposer sur un fond émotif et délaisser tous les raisonnements rigoureux et objectifs nécessaires ».

Donc, ce serait verser dans l’émotivité  que de s’inquiéter des conséquences sur le climat qu’entraîne l’exploitation des sables bitumineux de l’ Alberta ou des risques encourus par le passage d’un pipeline qui traverserait des centaines de plans d’eau , dont le majestueux fleuve Saint-Laurent. Or l’émotivité nuit à la rectitude du jugement.  On nous conseille  plutôt de faire confiance  à la froide raison -particulièrement celle des sénateurs- plus apte à discerner l’ampleur  des bienfaits que nous assurerait une politique énergétique  qui ne se laisse pas ébranler par l’émotivité et s’appuie sur des « raisonnements rigoureux et objectifs ».

C’est bien connu, les gens émotifs dérangent. On a l’impression qu’ils  chialent pour  tout ou pour un  rien .  Mais il faut bien reconnaître qu’ils  peuvent parfois rendre service. Comme les oies du Capitole, qui donnèrent l’alerte alors que les gens raisonnables dormaient sur leurs deux oreilles. Ainsi fut sauvée Rome. Par des oies émotives. Pas par des sénateurs.

2 pensées sur “LA RAISON ET L’ÉMOTIVITÉ”

  1. Le Canada anglais, tout comme nos Québécois fédéralisés et colonisés, reprend la vieille rengaine de Wilfrid Laurier, à l’effet que « les Canadiens français n’ont pas d’opinion mais seulement des sentiments ». Belle façon pour un « patriote » de parler de son peuple.
    Cette race de collaborateurs serviles du pouvoir anglais ne s’arrête jamais (dernière attaque : la loi C-29 qui soustrait les pauvres petites banques des griffes de la méchante Loi sur la protection du gros méchant consommateur québécois).
    Je souhaite que mon peuple ait assez d’émotivité pour dire un non fort et définitif à ce pétrole.

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