LE CARDINAL ET SON FRÈRE

Une chaîne de télévision nous a appris qu’un artiste aux prises avec la justice est le frère du cardinal archevêque de Québec. On a insisté fortement sur ce trait de parenté, comme si la suspicion de culpabilité rejoignait la personne même du cardinal. J’ai oublié de quoi l’artiste était accusé ou coupable tellement le journaliste cherchait à attirer notre attention sur la personne du prélat, comme si ce dernier avait commis un délit de parenté.

Pourquoi cette information vicieuse et tordue ? Une première explication : ça fait augmenter la cote d’écoute. Une deuxième : c’est croustillant de tenter de mettre un cardinal dans le pétrin, surtout quand celui-ci projette l’image d’un certain conservatisme. Il est tentant, dans une ambiance de procès mené contre l’Eglise, d’ajouter les coups aux coups, de préférence les coups bas.

Depuis son arrivée à Québec, le cardinal Ouellet a encaissé plusieurs critiques dont certaines n’étaient pas dépourvues de fondement. Mais il réajuste peu à peu le tir et il le fait avec une dignité, une droiture et un bon vouloir qu’on ne saurait mettre en doute. Ce qui n’empêchera pas qu’il soit la cible de nouveaux coups bas. Il se trouvera bien un scribe ou un expert du micro pour inventer autre chose que le délit de parenté.

Tripoter l’information est devenu une pratique à la mode quand on traite d’événements à connotation religieuse. C’est dans l’air du temps.

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