LES PAUVRES ME COMBLENT DE LEURS RICHESSES

Joseph Bouchaud
Paris, Éditions Salvator, 2009

Un ouvrage simple, agréable à lire, rempli d’anecdotes et de souvenirs parfois émouvants qui ne manquent pas de tarabuster le lecteur au fin fond de son cœur.

Celui qui a rédigé ce carnet de bord fut pendant plusieurs années supérieur général des Fils de la Charité. Il cumule une expertise humaine incomparable, acquise au cours de longs séjours dans des milieux populaires en France et dans des bidonvilles d’Amérique latine et d’Asie. Il décrit comment, en vivant au milieu de gens déshérités, il a appris beaucoup d’eux ; comment des gens pauvres et défavorisés l’ont comblé de richesses humaines, morales et spirituelles.

« Souvent, écrit-il, je me suis retrouvé tout petit, tout mesquin, tout « païen », devant des hommes et des femmes en guenilles. Ils ignoraient pourtant une grande part des dogmes de l’Eglise. Mais ils savaient aimer d’une manière incomparable, sur le modèle de Jésus. Ils m’ont lumineusement rappelé que notre foi n’est pas faite, d’abord, de « vérités à posséder », mais d’Amour à partager ». Et d’ajouter « La foi ne s’identifie pas avec une tête bien pleine mais avec un cœur bien ouvert. Et, souvent sur ce terrain, les pauvres sont nos maîtres » (pp. 96, 97 ).

Joseph Bouchaud n’est pourtant pas un jovialiste. Il sait voir en face la dure réalité. C’est lui qui, récemment, a dénoncé ce qu’il appelle la « surnatalité »et pris ses distances avec le discours catholique officiel face à la régulation des naissances et à la contraception. Il sait admirer les hommes et les femmes qui affrontent courageusement la condition humaine dans un contexte de pauvreté et de privations, mais il est en désaccord avec un discours venu d’en haut qui fait peser un lourd poids sur les épaules des plus démunis.

Ce journal de bord à été rédigé à partir de faits vécus et profite d’un éclairage qui aide à comprendre que, dans le monde de ce temps non moins que jadis, l’Esprit souffle où il veut, dérange des habitudes bien ancrées et nous fait redécouvrir des sentiers oubliés ou découvrir des voies nouvelles.

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