TÉMOIGNAGE QUI DÉRANGE

Autrefois supérieur général des Fils de la Charité, Joseph Bouchaud a partagé pendant huit ans la vie des habitants d’un bidonville de Mexico ; pendant trois ans celle du ghetto de Chicago ; pendant un an celle d’un quartier populaire de Brazzaville ; pendant treize ans, celle d’un bidonville de Manille ( Voir LA CROIX, 21 avril 2009).

Une réalité s’est imposée à lui, telle une évidence. « Cette réalité, c’est que les directives actuelles de notre Eglise, sur le terrain de la procréation, chargent les plus pauvres de notre monde de chaînes qui aggravent leur misère et contribuent à augmenter le nombre d’humains vivant de manière inhumaine ». Il a constaté l’irréalisme et l’inefficacité des méthodes dites naturelles. « En imposant, comme seules solutions permises, des solutions qui leur sont inaccessibles et en interdisant les autres, l’Eglise contribue à enfermer les pauvres dans le cycle de la surnatalité ».

Autre interrogation troublante : « Comment peut-on présenter l’interdiction du préservatif au nom de la dignité de la vie, alors que des milliers de fœtus vont chaque jour à la poubelle dans tous les coins du monde ou sont enterrés comme des petits animaux dans un quelconque recoin de terrain , par des parents qui aiment leurs enfants mais sont écrasés par l’impossibilité de nourrir leurs trop nombreux autres enfants déjà nés ? »

Joseph Bouchaud conclut son témoignage en invitant les spécialistes en planification des naissances et en morale conjugale ( ce qui inclut sans doute le pape) à venir partager pendant quelques mois la vie des pauvres dans l’un des innombrables bidonvilles de notre monde . « Venez-y seulement avec votre Evangile, dit-il. Et regardez, écoutez, dialoguez, méditez, priez. Cherchez loyalement et librement à découvrir ce que Jésus dirait et ferait, s’il était à notre place… en répétant sans cesse les paroles lumineuses qu’il continue de nous adresser : « Tout ce que vous faites aux plus petits des miens, c’est à moi que vous le faites » ».

Un témoignage percutant qui vient déranger au plus profond de soi. Reste à déduire quelques conséquences pratiques.

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