LES BONNES INTENTIONS

Le président de l’Assemblée des évêques du Québec n’hésite pas à vanter les mérites du coursEthique et culture religieuse. Cet enseignement, à son avis, favorise la connaissance de l’autre, le dialogue, le vivre ensemble et la poursuite du bien commun. De bonnes intentions avec lesquelles tout le monde est d’accord.

Reste à vérifier si, dans la pratique, l’amalgame de notions superficielles sur diverses religions contribuera à la réalisation de ces objectifs, si nobles soient-ils. Quoi faire quand cet étalage de données disparates heurte des convictions religieuses ? Quoi choisir quand on discute de polythéisme, de bien et de mal, de polygamie, d’excision, d’esclavage, de violence ? Qui aidera les jeunes à y voir clair ? Sûrement pas l’enseignant, puisque celui-ci est obligé, en vertu de la posture dite professionnelle, de s’en tenir à une rigoureuse neutralité. Les jeunes, laissés à eux-mêmes, devront inventer leur propre vérité. Est-ce ainsi qu’on va réussir à former le citoyen moderne auquel rêvent les inventeurs du nouveau cours ?

Jadis responsables, du moins en principe, des orientations générales et du contenu de l’ancien cours d’enseignement religieux, les évêques du Québec se préoccupaient sûrement qu’on y traitât de bien commun, du respect de l’autre, de dialogue, d’égalité de l’homme et de la femme, du vivre ensemble. Car ces composantes  humanistes s’insèrent tout naturellement dans une authentique vision chrétienne du monde. Alors pourquoi se sont-ils résignés aussi facilement à la suppression de cet enseignement pour accorder leur appui à une approche pédagogique inspirée par le relativisme et le socioconstructivisme et marquée au coin du pluralisme normatif ? Sûrement pas à cause d’un attrait exercé par la postmodernité ! Alors pourquoi ?

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