C’est beau, la vie

Au Chili, 33 mineurs qu’on sauve de la mort, des millions de téléspectateurs solidaires, un dénouement heureux. « Bienvenue à la vie », a dit à chacun des rescapés le président du pays. Celui-ci s’est engagé à renforcer les lois qui régissent l’exploitation minière, laquelle alimente une portion considérable du trésor public et procure des revenus plus que substantiels à des entreprises dont plusieurs se préoccupent bien peu des conditions de vie des travailleurs.

Mais on oublie pour un instant le contentieux social et politique et on laisse apparaître son émotion face à la vie sauvée. Car la vie, c’est beau, et quand on échappe au piège de la mort, on exprime sa joie. La vie, c’est la valeur première qui nous est prêtée pour un temps, c’est elle qui embellit le visage et modèle la silhouette de la femme enceinte, c’est elle qui éclate lumineusement dans les rires et les cris des enfants et nous ramène aux choses essentielles quand on frôle la mort, c’est elle que risquent des travailleurs qui exercent des métiers pénibles et dangereux afin d’assurer le pain quotidien des familles dont ils ont la charge.

Grâce à la télévision, près d’un milliard de citoyens du monde ont vécu des heures de solidarité avec les mineurs chiliens que la mort menaçait. Ce serait un grand progrès pour l’humanité si, grâce aux moyens modernes de communication, on rendait proches des plus nantis les millions d’hommes, de femmes et d’enfants dans le monde qui sont victimes de la faim, de la guerre, des massacres, de la barbarie organisée. Bénéficiaires de cette solidarité élargie, ces gens pourraient, eux aussi, proclamer que c’est beau, la vie.

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