LE SOCIALISME AU SECOURS DU CAPITALISME

La crise économique actuelle est en train de faire disparaître la peur du socialisme Vient de surgir une nouvelle sorte de socialisme, qui se présente comme un remède capable de sauver le capitalisme malade. En effet, on a raison de parler de socialisme quand le pouvoir politique puise des sommes colossales dans le trésor public afin de sauver de la faillite des banques et de grandes entreprises qui ont joué au casino avec l’argent des actionnaires et des petits épargnants. Ce qui ressemble moins à du socialisme, c’est quand le monde ordinaire se fait refiler la facture tandis que des dirigeants incompétents, irresponsables, voire malhonnêtes se voient accorder des primes généreuses et des parachutes dorées. On étatise les dettes et on privatise les gains.

Ce socialisme d’un genre nouveau vole au secours d’un capitalisme corrompu et décadent. Une ploutocratie subventionnée à même le trésor public s’approprie sans vergogne la richesse collective en invoquant un argument massue : si vous ne nous aidez pas, ce sera pire. La propriété demeure privée, les pertes sont portées au compte de la collectivité.

Jadis on mettait en garde contre l’intervention de l’Etat dans le domaine économique. On nous dit maintenant que celle-ci devient bénéfique et souhaitable à partir du moment où les plus nantis risquent de perdre leur mise. Le nouveau slogan : « Travailleurs de tous les pays, tenez-vous bien, car vous allez payer la facture ! ». Il appert que même les ouvriers chinois, héritiers de Mao Tse Toung, contribueront malgré eux au fonds de relance de l’économie américaine puisque leurs guides vénérés se plaisent à collectionner les bons du trésor en provenance des Etats-Unis.

Il y a quelques décennies on discutait de divers modèles socialisme et de leurs avantages et désavantages : socialisme dit classique, marxisme, social-démocratie. On scrutait à la loupe les risques de l’intervention de l’Etat. Ce temps est révolu .On applique désormais un nouveau scénario qui comporte deux étapes : d’abord rescaper le capitalisme à même les fonds publics ; ensuite refiler la facture aux travailleurs et au monde ordinaire. Est-ce cela, la refondation du capitalisme dont on parle beaucoup ces temps-ci ?

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