LES PRÉDATEURS FINANCIERS

« Les prisons ne seront jamais assez grandes pour nous débarrasser des prédateurs du monde financier », affirme Yves Michaud, fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires ( Voir  LE DEVOIR, 3 février 2009).

En fait, les prisons pouvant accueillir cette faune particulière sont assez grandes, mais elles sont peu utilisées. Il est plutôt rare qu’on y expédie des représentants de la confrérie dont parle Yves Michaud : cols blancs vêtus avec élégance et bien cravatés qui, nous dit le fondateur du MEDAC, « s’empiffrent de l’avoir de leurs actionnaires ». Des gens auxquels il convient d’ajouter ceux qui jouent au casino avec les modestes épargnes qui leur ont été confiées et dont la gestion irresponsable est à l’origine de la crise financière actuelle. Non seulement leur conduite n’est pas sanctionnée, mais des bonis non méritées viennent récompenser leur incompétence. En apparence impuissant, le pouvoir politique déplore cette atteinte à la justice. Une honte, a dit le président Barack Obama, qui tente de son mieux de calmer les appétits des requins de la finance. Reste à faire appel aux contribuables ordinaires pour colmater les brèches que l’incompétence et le manque d’éthique de grands dirigeants ont creusées dans l’appareil économique. Aux victimes revient la tâche de réparer les pots cassés.

Il faut vraiment avoir du culot et un égo démesuré pour se faire attribuer par un conseil d’administration complaisant un supplément de revenu pléthorique parce qu’on a conduit une entreprise au seuil de la banqueroute. On jette à la rue des travailleurs compétents et honnêtes pendant qu’on récompense la mauvaise gestion de dirigeants incompétents et irresponsables.

Dans un ouvrage percutant paru il y a plus de vingt ans ( L’économie en perspective), John. K. Galbraith dénonçait à l’époque les parachutes dorés, les rémunérations excessives, les directeurs d’entreprises qui se récompensent eux-mêmes. S’il revenait parmi nous l’éminent économiste constaterait que la situation s’est fortement aggravée et qu’elle dépasse largement le seuil du scandale.

 

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