L’ouverture d’esprit, ailleurs

«Les élèves musulmans, défi pour l’école catholique », conclut le journal LA CROIX du 9 septembre 2010. Dans certains établissements la proportion de jeunes musulmans atteint 70%. Ce qui ne va pas sans créer quelques problèmes. Par exemple un absentéisme massif au moment de la fin du Ramadan. Aussi ce cas de garçons qui ne répondent pas si c’est une directrice –et non un homme- qui fait l’appel des classes. Autre situation embarrassante : « Des lycéens musulmans prient régulièrement dans la cour. Un jour de pluie la directrice leur propose une salle. Ce lieu devient la salle de prière où les élèves invitent des personnes extérieures à l’établissement. La directrice ne peut plus disposer de cette salle pour d’autres activités ».

Pourquoi cet attrait exercé pas l’école catholique ? Une mère musulmane répond : « Ici, l’encadrement est meilleur, et parler de Dieu n’est pas un tabou ». Réponse d’une autre mère musulmane : « Dans l’école laïque, les croyants sont mal vus, les musulmans encore plus. On nous regarde avec une espèce de pitié, comme si nous étions archaïques et idiots parce que nous avons une religion ». Elle ajoute : « Avec les catholiques, nous avons en commun le fait de croire en Dieu, et des valeurs comme la fraternité ou le respect, alors que l’école publique n’a que la tolérance à la bouche, mais ne la pratique pas ».

Un défi des éducateurs catholiques, c’est de concilier les attentes de cette vaste clientèle musulmane avec les traits caractéristiques et les exigences d’un établissement chrétien. Ils s’y emploient avec intelligence et discernement. Une directrice diocésaine de l’enseignement catholique conclut : » Cette présence d’élèves musulmans est une formidable source d’enrichissement. Être enseignant catholique dans un environnement non chrétien est une façon d’approfondir l’Evangile ».

Il semble bien que la confessionnalité là-bas supporte mieux le grand air qu’une certaine laïcité à la mode au Québec.

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