MOLIÈRE ÉTAIT ABSENT

Beaucoup a été dit sur l’émission Bye Bye 2008. Les jugements sont sévères : imagination en panne, pensée débile, propos grossiers. Comment a-t-on pu en arriver là, et ce à la télévision publique, elle qui est censée incarner la qualité, le bon goût et la décence ?

On peut invoquer diverses explications. Mauvais choix des concepteurs, des vedettes de talent médiocre dont on espérait trop, une évaluation trompeuse des attentes des téléspectateurs comme si ceux-ci étaient des gens bonasses prêts à tout avaler. On a sous-estimé le bon sens et le bon goût de milliers de citoyens ordinaires.

Je risque deux autres explications. La première renvoie à la suffisance dont se gonflent certaines vedettes des médias dès qu’ils s’emparent d’un micro ou déambulent sur une scène. On semble prétendre à un pouvoir sans limite et s’attribuer le droit  de dire n’importe quoi. Comme s’il existait un droit à la débilité et à la grossièreté.

La deuxième renvoie à une forme de pauvreté culturelle qui affecte une partie de l’univers médiatique. Le phénomène qui vient de se manifester avec éclat à la télévision publique est perceptible à longueur d’année sur les ondes de certaines radios privées. Un comportement qui finit par créer une accoutumance, une ambiance, une mode qui influence le milieu des concepteurs et des animateurs. Bye Bye 2008 est un sous-produit de ce micro-climat pernicieux.

Auditeurs et téléspectateurs doivent aussi s’interroger sur leur propre comportement. Nombreux les cas où les inepties et les grossièretés aident à hausser les cotes d’écoute. La loi de l’offre et de la demande a quelque chose à voir avec ce phénomène dont l’ampleur étonne et inquiète. Un phénomène qui, semble-t-il, affecte plusieurs pays où les produits culturels sont rabaissés au niveau de marchandises soumises aux lois du marché.

 

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