À QUI PROFITE LE CRIME ?

Je regarde à la télévision des reportages sur le Nord-Kivu. On nous montre des paysans sans défense à la merci d’une soldatesque barbare, des récoltes détruites, des maisons incendiées, un général mégalo soutenu par des puissances étrangères, un pouvoir militaire débridé. « Un vrai drame humanitaire qui s’apparente à un génocide silencieux qui se déroule sous les yeux de tous », déclarent les évêques catholiques du Congo. « Ils ajoutent : « Les massacres gratuits et à grande échelle des populations civiles, l’extermination ciblée des jeunes, les viols systématiques perpétrés comme arme de guerre : de nouveau une cruauté d’une exceptionnelle virulence est en train de se déchaîner contre les populations locales qui n’ont jamais exigé autre chose qu’une vie paisible et décente sur leurs terres ». C’est ainsi qu’on à transformé une région potentiellement riche en terre de misère où prolifèrent la souffrance et la mort.

Les images transmises par la télévision nous montrent des rebelles bien équipés, pourvus d’armes puissantes. Qui a investi dans cet armement haut de gamme ? Comment se fait-il que des armes fabriquées dans des pays avancés servent à opprimer, à asservir les plus démunis dans les pays pauvres ? À qui profite le crime ?

Dans son encyclique sur la question sociale qui commémorait le dixième anniversaire dePopulorum progressio Jean-Paul 11 notait que le commerce des armes dans le tiers monde rencontrait moins d’obstacles que les aides économiques et les plans de développement. Le drame qui se déroule au Nord-Kivu confirme ce diagnostic.

Autre constat troublant : à l’instar de ce qui s’est produit au Rwanda, les auteurs de ces actes de destruction barbare sont en bonne partie des gens d’appartenance religieuse chrétienne. On a l’impression que l’influence du christianisme social face aux explosions de violence s’y fait peu sentir, tout comme ce fut parfois le cas jadis en d’autres pays de tradition chrétienne. Ce n’est pas chose facile, même pour ceux qui se disent croyants en Jésus-Christ, de se comporter en artisans efficaces de paix Il y a là une question que les évêques congolais devront éclaircir et approfondir quand ils publieront une lettre pastorale sur la construction de la paix.

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