CE PAPE QU’ON DISAIT TROP DISCRET

On a dénoncé les silences ou le discours jugé trop prudent du pape Pie XII face aux persécutions dont les Juifs furent victimes au cours de la deuxième guerre mondiale. Or voici que la Fondation Pave the way, créée  par le juif américain Gary Krupp , vient de publier des documents qui révèlent que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont exercé des pressions sur le pape Pie XII pour qu’il ne dise rien sur les brutalités nazies , évitant ainsi , estimaient des représentants diplomatiques, que ses protestations aient des conséquences déplorables et imprévisibles (Voir Agence Zenit, 18 mai 2011).

La Fondation a aussi  rendu publics des  documents qui montrent que des porte-parole catholiques et un organisme tel que Radio-Vatican ont  dénoncé à plusieurs reprises les persécutions antisémites. Cela, il est vrai, n’a pas été sans risques et sans conséquences pour les Juifs eux-mêmes. Ainsi, en Hollande, l’occupant nazi a réagi de façon virulente à la suite de la publication d’une lettre pastorale des évêques hollandais dénonçant les persécutions contre les Juifs. Face à des situations dramatiques, on n’a pas gardé le silence, mais on a cherché à éviter le pire.

Il est facile , des décennies plus tard, de faire le procès d’un pape qui a manœuvré du mieux qu’il a pu face à des dirigeants politique dépourvus  de tout scrupule. Une meilleure connaissance des faits incite à pratiquer une certaine  réserve.  On pourrait d’autre part s’interroger sur le silence de dirigeants  américains,  britanniques et autres qui, à partir de 1942, étaient au courant de l’existence des  camps de la mort. Pourquoi, au moins,  n’a-t-on pas bombardé les voies ferroviaires qui conduisaient à ces camps ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *