ENJEU ANTHROPOLOGIQUE

La théorie du «  gender » , en vogue  dans  plusieurs milieux intellectuels européens, nie la différence des sexes et la complémentarité naturelle entre l’homme et la femme. Elle semble connaître un certain essor. L’Agence Zenit ( 24 mai 2011) nous apprend qu’elle  fera partie de l’enseignement obligatoire des lycéens français à partir de la rentrée 2011.

Selon cette théorie, note, Pierre-Olivier Arduin,  spécialiste en bioéthique, «  l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination ».  Nous serions parvenus à un moment de l’histoire où la sexualité se serait libérée, au cours de l’évolution, des contraintes hormonales pour dépendre majoritairement  de l’influence de la cognition et du système de  récompense cérébrale.  Désireux de refléter  cette manière de voir les manuels d’accompagnement du nouveau cours expliquent que  les activités sexuelles peuvent s’exercer désormais dans de nombreuses situations qui n’ont plus de rapport avec la reproduction. L’orientation sexuelle devient déconnectée de l’identité des individus. Dans le  manuel édité par Belin on lit : «  Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir 100% un homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes ».

L’Agence Zenit signale  qu’en Espagne le gouvernement Zapatero a déjà rendu obligatoires les cours sur le « gender ». Mais des dizaines de milliers de familles contestent ces cours et ont retiré leurs enfants des écoles appliquant les programmes d’Etat, manifestant ainsi leur objection de conscience. Pour ces familles, trop, c’est trop. Le sens commun et des convictions morales solides motivent leur refus.

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Plusieurs commentaires en provenance du  Saint-Siège indiquent que là-bas on  prend ce débat au sérieux. Mais sans en faire d’abord  une question de morale. C’est l’enjeu anthropologique qu’on place  au premier rang. L’humanisme chrétien s’identifie à l’humanisme tout court. Désormais se confrontent d’une part une intelligentsia omniprésente dans des réseaux décisionnels et en bonne position pour influencer des décideurs politiques, d’autre part des instances religieuses ou humanistes,  solidaires des gens ordinaires que guide une droite perception des réalités naturelles et qui discernent dans le vécu quotidien la vérité des choses, fondement des normes morales.

Il arrive qu’on reproche  à l’Institution ecclésiale des prises de position qui  font l’objet d’une critique fondée sur la raison  et que se permettent  des croyants libres, comme c’est le cas face au discours officiel sur la régulation des naissances. Mais on doit se réjouir d’autre part quand elle se porte à la défense de valeurs qui entretiennent un lien étroit avec un enjeu  anthropologique fondamental.  Foi, raison  et humanisme font alors bon ménage.

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