JUGEMENT DE COUR ET CONSCIENCE POPULAIRE

Le jugement sur l’affaire Turcotte, du nom de ce médecin qui a poignardé sauvagement ses deux enfants, a suscité de nombreux commentaires. Celui que, pour ma part, j’ai trouvé le plus éclairant vient de Mathieu Bock-Côté ( voir LA PRESSE, 7 juillet 2011). L’auteur met en relief l’impact d’une approche marquée par « la psychologisation abusive des rapports sociaux dans notre société », avec comme effet la déresponsabilisation individuelle. « D’une certaine manière, précise Mathieu Bock-Côté, le discours « psycho-psychiatrique » prend le relais d’une certaine sociologie qui s’est fait connaître il y a quelques décennies par son discours sur les circonstances atténuantes, et qui, à force de socialiser l’action humaine, l’a désindividualisée ». Au terme du processus : une déresponsabilisation généralisée et une déshumanisation conséquente.

« Nous devons, ajoute l’auteur, postuler la nécessité morale du libre arbitre, à la manière d’un parti pris philosophique irréductible et nécessaire à la vie en commun. Sans quoi le droit passe de la justice à la thérapie. Et la liberté se falsifie. C’est le vieux langage de la morale qui se perd. Et avec lui, le sens élémentaire d’une justice qui ne peut faire l’économie d’une réflexion sur le bien et le mal ».

Des propos qui, me semble-t-il, vont à l’essentiel et peuvent nous guider dans notre appréciation d’un jugement de cour qui dérange, étonne, le moins qu’on puisse dire.

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