LA LANGUE DE CHEZ NOUS

La langue berbère, interdite sous Kadhafi, renaît dans l’ouest de la Lybie( Voir LA PRESSE, 19 juillet 2002). Réduit à la transmission orale pendant plusieurs siècles, soumis à la domination de la langue arabe, voilà que ce parler, proche de celui que saint Augustin , évêque d’Hippone, a utilisé dans son enfance, renaît à l’école, à la radio, dans les journaux, dans les chansons, dans les cours dispensés aux adultes. Renaissance éclatante. Dynamisme mystérieux de la langue maternelle, besoin profond de retrouver une identité propre, quoi qu’il en soit des pressions exercées par la mondialisation, qui, selon des experts, est censée aboutir à la domination d’une langue unique.

Si la langue berbère, l’amazigh, peut ainsi renaître, on peut difficilement se faire à l’idée que le français puisse disparaître de la surface du monde. Quand je constate la volonté de milliers de francophones hors Québec de continuer de vivre en français autant qu’ils le peuvent, et ce dans des conditions souvent difficiles, je me dis que l’avenir du français en Amérique du Nord est sans doute moins précaire que ne l’affirment des prophètes de malheur.

Au lieu d’ausculter de sombres horizons, vaudrait mieux accentuer le grand virage amorcé avec la loi 101. Rien n’empêche de renforcer le visage français du Québec, d’adopter les mesures qui feront en sorte qu’il sera possible de vivre et de travailler en français partout sur le territoire québécois, même là où un minimum de bilinguisme peut s’avérer incontournable.
Les héritiers des Berbères de Libye nous font discrètement la leçon.

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