ARTÉMIS ET LA COUPE STANLEY

En ce mois d’août plus d’un millier de jeunes et de moins jeunes sont venus vénérer la Coupe Stanley, à Québec. Les plus chanceux ont pu la toucher. Le maire, hilare et euphorique, l’a portée dans ses bras La télévision et d’autres médias nous ont permis de constater l’ampleur d’une frénésie populaire qui laissait transpirer quelque chose de religieux. On aurait dit la manifestation d’une sorte d’idolâtrie.

L’événement fait penser à un incident rapporté dans les Actes des Apôtres ( ch. 19 ), mais qui avait pris alors une tournure différente. Cela se produisit à Ephèse, au début de l’ère chrétienne. Des fabricants de statues de la déesse Artémis avaient organisé une grande manifestation en l’honneur de leur divine patronne, dont la popularité était en baisse. Ils voulaient redonner du prestige à leur idole, qui subissait un déclin à la suite de la prédication de l’Apôtre Paul, qui ne cessait de répéter que les idoles sont des produits fabriqués par des humains et qu’elles n’ont aucune valeur, sauf commerciale. Cela provoqua un tel chahut qu’on demanda à Paul de se faire discret, de crainte que l’affaire ne tourne à l’émeute.

La dévotion à la Coupe Stanley et à d’autres idoles similaires ne risque pas de soulever une émeute, comme ce fut le cas jadis à Éphèse. Baignant dans une société de consommation, nous sommes devenus des habitués de l’idolâtrie, au point de n’en plus discerner les manifestations. En contrepartie, nous sommes moins sensibles à la réalité d’un Dieu unique, transcendant les idoles fabriquées par les hommes. Dans un tel contexte, pas de risque d’émeute.

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