PIEUSE ESQUIVE

Sous le titre Un potentiel libérateur la CECC a publié un message soulignant le 40èmeanniversaire de l’encyclique Humanae vitae. Un texte de haute tenue spirituelle où les considérations mystiques occupent à peu près tout l’espace, sous réserve de deux paragraphes qui abordent la dimension éthique. En outre, celle-ci nous est présentée comme si le débat était clos. Pour les évêques, il existe une seule réponse au problème de la régulation des naissances, c’est le recours aux « méthodes naturelles ». Cela étant dit, ils concluent en redisant leur admiration pour les couples qui auront à prendre des décisions dans des situations bien concrètes et parfois compliquées.

Mais le débat n’est pas clos. Sœur Emmanuelle , qui vient de nous quitter, a partagé pendant plusieurs années la vie quotidienne des chiffonniers en Egypte. Elle savait bien qu’on ne pouvait s’en tirer avec les « méthodes naturelles ». Elle constatait que dans la vie concrète de tous les jours l’approche mystique ne pouvait suffire. Une conviction que partagent un grand nombre de chrétiens qui en sont arrivés à la conclusion qu’on ne pourra pas éviter le « toilettage » d’Humanae vitae.

Les considérations mystiques ne peuvent remplacer la réflexion éthique portant sur la condition humaine. Saint Thomas d’Aquin, éminent moraliste, ne pratiquait pas ce genre de pieuse esquive à laquelle ont eu recours les évêques canadiens.

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