CULTURE D’ARMEMENT

Les morts s’ajoutent aux morts en Afghanistan et en Irak. Mais des décideurs politiques et des stratèges militaires continuent de faire confiance à la puissance des armes. Ça nous rappelle la guerre du Vietnam. On voulait alors endiguer l’avancée du communisme. Bilan : des centaines de milliers de morts, un pays détruit, la victoire du communisme avec, dans sa foulée, la paralysie sociale et économique caractéristique des régimes marxistes. On réédite de nos jours le même scénario mais avec un nouvel objectif : supprimer le terrorisme et imposer la démocratie en s’appuyant sur la supériorité militaire.

C’est une forte inclination celle qui nous accoutume à la violence. Nous sommes en train de nous habituer de nouveau aux destructions, aux pertes de vie inutiles, à l’échec prévisible, aux souffrances imposées à de pauvres gens sans défense. Les budgets militaires gonflent d’une année à l’autre tandis que régresse l’aide au développement Comme si la guerre en Irak et en Afghanistan constituait un processus historique incontournable, telle une fatalité. Les uns croient à l’efficacité de la violence, d’autres s’y résignent car on les a convaincus que la violence structurée, organisée, fait partie de la nature des choses et peut produire de bons résultats. Alors qu’en réalité elle sert avant tout à détruire et fait régresser l’humanité. Mais il est vrai qu’elle favorise les intérêts des fabricants et des commerçants d’armes. Et plusieurs, parmi ceux-ci, une fois les profits engrangés, se convertissent en spécialistes de la reconstruction quand vient le temps de rebâtir ce qu’on a détruit. S’ensuit une nouvelle source d’enrichissement pour le complexe militaro-industriel.

La guerre est un phénomène insolite auquel les médias nous habituent en nous racontant tous les jours, sans sourciller, sur un ton détaché, des histoires de pauvres gens victimes de bombardements ciblés ou aveugles, de massacres, d’attentats- suicide, de faim et de misère. Heureusement que des militants tels ceux qui font partie du mouvement Echec à la guerreviennent nous rappeler que cet amoncellement d’horreurs n’a rien de normal. Ils troublent notre bonne conscience en nous interpellant au sujet de notre propension à considérer la culture d’armement comme étant une composante naturelle de la vie en société.

Faire échec à la guerre dans notre façon de penser, de raisonner, constitue une étape préalable à franchir si nous voulons servir la cause de la paix.

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