CONFIDENCE D’UN MILLIARDAIRE

« La Chine, l’Inde, l’Amérique du Sud vont donner du fil à retordre à l’Amérique du Nord et à l’Europe. Il faut nous unir pour sauver notre peau » C’est par cet avertissement que l’homme d’affaires canadien Paul Desmarais conclut une entrevue accordée au magazine français Le point

(26 juin 2008)

Cette manière de voir les choses étonne un peu. Car dans une optique de développement solidaire les progrès réalisés par les pays émergents fournissent un motif de réjouissance et non une raison d’avoir peur. De vastes portions du tiers monde sont en train de se libérer du sous-développement. C’est une bonne nouvelle. Demeure un motif d’inquiétude : où en est-on dans le partage des gains acquis ? Dans plusieurs pays le nombre de milliardaires ne cesse de croître tandis que des millions de gens manquent de nourriture, d’eau potable, d’écoles, d’établissements de santé. La juste répartition des fruits du progrès est un critère incontournable de développement authentique. Une croissance inégalitaire pose problème. Voilà ce qui doit nous préoccuper.

« Il faut nous unir pour sauver notre peau », conclut monsieur Desmarais. On a l’impression, en écoutant le célèbre homme d’affaires, qu’il ne peut y avoir de progrès sans compétition et sans guerres économiques. Pourtant, il n’est pas utopique de penser qu’on peut réussir une nouvelle avancée à la fois technologique, matérielle et humaine grâce à une plus grande collaboration entre pays avancés et pays émergents, s’inspirant du fait que de multiples initiatives marquées au coin de la solidarité ont permis aux pays avancés, dans une époque récente, de connaître un nouvel essor.

C’est en aidant les autres à sauver leur peau que nous sauverons la nôtre.

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