ÉTHIQUE, MORALE ET DÉONTOLOGIE

Le mot éthique est à la mode. On en raffole, à commencer par les édiles municipaux, les députés et les gens qui travaillent dans la construction. Cela évite de parler de morale, car on craint comme la peste de tomber dans le moralisme. Quant à la déontologie, elle réussit à se conserver une niche du côté des professions. Il est fréquemment question de déontologie professionnelle

Jusqu’à une période récente on a employé l’un pour l’autre les termes éthique et morale. Ce dernier vocable agace certains parce qu’il semble faire trop directement allusion aux notions de bien et de mal, voire à celle de péché. Pour certains le terme éthique semble faire plus neutre, plus séculier, plus laïque dirait-on.

Selon l’éthicien et juriste Guy Durand, on assiste à une redécouverte du terme morale. « Dans certains milieux, écrit-il, la popularité du mot « éthique » a entraîné paradoxalement sa dévalorisation. Celle-ci désigne des règles minimales qui s’imposent aux membres d’un groupe. Elle devient synonyme de déontologie. La morale s’en trouve alors revalorisée, elle renvoie aux valeurs et aux principes universels et stables dont l’éthique ou les éthiques ont besoin pour rester vivifiantes » (Voir « Morale, éthique, droit ,déontologie » dans Encyclopédie de l’Agora,
htttp://www.agora.qc.ca)

Donc pas de gêne à continuer de parler de morale, tout en utilisant le terme éthique quand cela semble plus approprié. L’important, c’est de savoir de quoi on parle.

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