UN BONHEUR SI FRAGILE

Michel David
Montréal, Editions Hurtubise, 2009
Roman

L’univers que dépeint Michel David (en 4 volumes) représente un coin de pays bien de chez nous et évoque en même temps un mode de vie
fort lointain. L’écart entre ce monde rural du début du 20ème siècle et notre temps est considérable. Néanmoins, on s’y retrouve dans l’imagerie qui est projetée. Celle-ci suscite une sorte de nostalgie, mais aussi de la fierté. Un monde qui s’apparente à celui que décrivent Claude-Henri Grignon dans Un homme et son péché et Arlette Couture dans Les filles de Caleb.

Corinne Joyal fait penser à Emilie Bordeleau, Gonzague Boisvert a hérité de certains traits de SéraphinPoudrier, le notaire remplit bien sa fonction de gardien de la loi et fait prévaloir des rapports de justice. Deux traits communs à la plupart de ceux et celles qui forment cette communauté rurale : le courage et l’ingéniosité. On y pratique l’autarcie économique et on affronte le quotidien avec toutes les ressources à sa portée. Des gens qui construisent le pays par la base, tout se tenant au courant des problèmes qui préoccupent les élites, religieuses ou civiles.

Le courage imprègne la vie quotidienne, et aussi la religion. Celle-ci influe grandement, pesamment, sur la manière de vivre de chacun et chacune. Un christianisme lourd, un apparatchik clérical omniprésent. Nonobstant ce poids, une foi authentique suit son chemin et anime des valeurs telles que l’amour et le respect de la vie, le travail, la solidarité. Elle inspire des personnages forts, colorés, inventifs. Moins l’époque d’une grande noirceur que celle d’une grande espérance.

On parle d’un roman. Mais on a parfois l’impression qu’il s’agit d’une tranche d’histoire. Si Michel David était encore des nôtres, je lui poserais la question : a-t-il fait d’abord œuvre de romancier ou d’historien ?

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