LA CONVERSATION

Jean d’Ormesson
Éditions Héloïse d’Ormesson,
Paris 2011

Un ouvrage imprégné d’humour et de finesse, qui rappelle Le souper , d’Edouard Molinaro. Chez ce dernier l’échange avait lieu entre Talleyrand et Fouché. Ici, la conversation engage Bonaparte et Cambacérès. L’auteur nous assure que tous les propos prêtés au Premier consul ont été prononcés par lui dans une circonstance ou une autre. Son but : tenter de cerner le moment où le vainqueur de plusieurs affrontements militaires célèbres en serait venu à la conclusion qu’il était possible et de mettre fin à la Révolution et d’en assurer la triomphe en instaurant un règne impérial qui, renouant avec l’histoire au-delà de la Royauté, ferait resurgir un empire qui prolongerait une filiation issue à la fois de l’empire de Charlemagne et de l’Empire romain. L’empire dont il rêve, c’est la république qui monte sur le trône. « J’ai l’imagination républicaine et l’instinct monarchique, dit-il. Je veux rétablir une monarchie qui soit républicaine. Et ma république à moi est romaine, militaire, guerrière, conquérante. Mon modèle n’est pas Versailles, mon modèle est Rome. Et mon modèle n’est pas les Bourbons, mon modèle est César ».

Une relecture de l’histoire qui ne manque pas de piquant. Et cela nous est servi dans une ambiance pleine de charme et de pittoresque. Tel un bon vin Jean d’Ormesson vieillit bien. On ne s’ennuie pas avec lui. Et on apprend beaucoup.

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