SOMMES-NOUS ASSEZ INDIGNÉS ?

C’est sous ce titre qu’a paru récemment (4 décembre 2011) dans le journal Progrès Écho un bref commentaire de Monseigneur Paul-André Fournier, archevêque de Rimouski, sur les inégalités sociales , l’avarice de certains acteurs des marchés financiers et l’emprise des forces économiques sur les structures politiques. A noter le rappel qu’on y fait d’un récent document publié par le Conseil pontifical  Justice et paix,  où l’on prône l’instauration d’une autorité publique à compétence universelle dans la sphère de l’économie et où l’on affirme la nécessité «  de retrouver la primauté du spirituel et de l’éthique, et en même temps de la politique sur l’économie et la finance ».

Ce qui plaît particulièrement,  dans le texte de Monseigneur Fournier,  c’est une de prise de  parole qui renoue avec une tradition et un  langage qui trouvaient  jadis le moyen de se faire entendre: au temps par exemple où  la Commission sacerdotale d’action sociale multipliait les prises de position ; où Monseigneur Charbonneau, archevêque de Montréal, intervenait  avec fermeté en faveur des grévistes de l’amiante et de leurs familles, où les évêques du Québec publiaient une Lettre collective sur la condition ouvrière. Interventions d’une Eglise socialement active auxquelles faisaient écho des médias qui, contrairement à une habitude   fort ancrée  de nos jours, acceptaient de prendre au sérieux une prise de parole de source ecclésialesans qu’on y  subodore quelque tentative de domination cléricale.

J’aime ça, un évêque qui prend la parole et ne se prend pas pour un trappiste voué au silence. Et qui le fait  aveclerisque de se tromper. Cela fait partie du métier. Mais ce qui ne fait pas partie du métier, c’est de se taire  alors qu’on a des choses à dire et que le temps est venu de les dire.

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