MASOCHISME IDENTITAIRE

De ce masochisme identitaire répandu chez les Québécois traite Mathieu-Bock Côté dans un article publié récemment dans le Journal de Québec (8 décembre 2011). Le  jeune intellectuel fougueux  s’en prend  aux multiculturalistes qui ambitionnent de déchristianiser l’espace public. Deux motifs de sa colère : des fonctionnaires fédéraux qui ont tenté d’interdire le sapin  dans les milieux de travail et le maire de Ville Mont-Royal qui a fait retirer une crèche de Noël devant l’hôtel-de-ville pour éviter de déplaire à quelques musulmans.

« Le Québec n’est pas une page blanche, écrit Bock-Côté. Car le christianisme a laissé une empreinte profonde sur la civilisation occidentale. Et le peuple québécois appartient à la civilisation occidentale. Mieux vaut l’assumer ».

Et d’ajouter : « Il ne faut pas confondre l’ouverture à l’autre et le reniement de soi ». Observation fort pertinente.  Une partie du débat sur la laïcité se situe là. De nombreux Québécois versent dans le masochisme identitaire. Ils ignorent la grandeur d’un passé dont ils sont les héritiers. Quand on leur parle d’humanisme chrétien ils ne savent pas de quoi il s’agit. L’extraordinaire symbolique d’une crèche de Noël ou d’un crucifix ne semble pas trouver d’écho chez  eux. Ils ignorent qu’elle connote un humanisme où prévalent la compassion, la dignité des plus pauvres, le triomphe des déshérités de la terre. Quand on s’en prend à un crucifix ou à une crèche de Noël, on se trouve, sans trop le savoir, à renier cet héritage. Donc à prendre parti pour l’argent, la suffisance mondaine, les potentats qui écrasent les faibles.

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