DES AVIONS DE GUERRE EN PLUS, DE LA CULTURE EN MOINS

Il y a peu d’années le Canada projetait l’image d’un pays pacifiste, hautement estimé pour sa participation aux missions de paix des Nations unies. Ce temps est révolu. La participation aux opérations militaires a pris le dessus. Et aussi, inévitablement, le budget consacré aux armements, en train de se gonfler avec l’achat d’avions de combat sophistiqués.

Ces avions coûtent cher. Faudra couper ailleurs. On laisse entendre que la Société Radio-Canada devra faire sa part, investir moins dans l’information et la culture. Ce qui réjouira ceux qui trouvent que Radio-Canada se mêle trop d’informer et accorde trop d’espace de liberté à des intellectuels et à des artistes au verbe parfois percutant. Un reproche non fondé, à mon avis. Il me semble au contraire que la place qu’on y accorde aux débats et aux échanges s’est rétrécie au cours des années.

La primauté du militarisme avant le soutien à la culture, des avions de guerre qui coûtent cher, le refus de contrôler l’usage des armes à feu, l’insouciance face aux menaces qui planent sur l’environnement, des entreprises canadiennes qui font des affaires dans des pays en développement sans se soucier du sort des collectivités locales: cela donne du Canada une image peu reluisante qui diffère de celle d’un pays sensible aux grands enjeux humanitaires.

Une image où, me semble-t-il, beaucoup de Québécois se retrouveront de moins en moins. On dirait deux sociétés en train de se séparer l’une de l’autre, subrepticement, dans le sillage d’une tendance lourde de l’histoire. Il faudra plus que les milliers de portraits de la reine d’Angleterre qu’on affiche sur les édifices publics et dans des bureaux de l’administration fédérale pour infléchir cette tendance.

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