« NÉ POUR UN PETIT PAIN »

« Finie depuis longtemps la formule judéo-chrétienne « né pour un petit pain ». Nous voulons être les meilleurs ». Ainsi s’exprime l’une des personnalités à qui le magazine Entreprendre donne la parole dans un numéro spécial intitulé L’avenir du Québec. Sortir de la crise.

Le propos est coloré. Il ne manque pas de pittoresque. Demeure une interrogation : cet aphorisme « né pour un petit pain » est-il de source judéo-chrétienne ? J’ai cherché dans la Bible, j’ai exploré la tradition chrétienne, je n’ai pas trouvé de propos qui s’en rapproche. Ce que je constate, c’est que les chrétiens, quand ils récitent le Notre Père, demandent au Seigneur de leur assurer le pain quotidien, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas travailler pour le gagner. On sait d’autre part que Jésus a multiplié les pains pour donner un coup de main à des auditeurs venus l’écouter dans un endroit désert. Il a voulu que tous aient de quoi manger, tout en veillant à ce qu’on on ne gaspille pas les excédents du miracle. En revanche, il a dénoncé le comportement des privilégiés qui vivent dans l’abondance et sont indifférents au sort de ceux qui n’ont pas de pain, qui n’ont rien à manger.

A toutes les époques des chrétiens se sont préoccupés de ceux qui avaient l’air d’être nés pour un petit pain. Ils ne les jugeaient pas en fonction de leur standing économique. Ils les respectaient, peu importe le volume de leur avoir, tout en essayant de faire en sorte que grossisse leur part du gâteau. Cette manière de voir et d’agir, elle est judéo-chrétienne. Quand on s’en inspire, on se rapproche des meilleurs.

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