UN TRAIN QUI EN CACHE UN AUTRE

Le projet de loi 60, qui porte sur les valeurs québécoises, chemine laborieusement et occupe largement l’espace médiatique. Pendant ce temps, le projet de loi 52, qui porte sur les soins en fin de vie, se faufile discrètement dans le décor, sans trop retenir l’attention. Pourtant, il transporte dans ses valises une notion mal définie de la fin de la vie et une  conception des soins palliatifs qui englobe l’euthanasie tout en évitant d’en afficher l’étiquette.

Le débat serait plus éclairant si on appelait chaque chose par son nom, si on appelait un chat un chat. Car c’est un virage radical qu’on impose à la pratique médicale si on y introduit le droit, dans certaines conditions, de mettre fin directement au déroulement d’une vie d’homme ou de femme. Cette approche modifie les règles de la déontologie. L’éventualité de l’euthanasie fera désormais partie  – si le projet est adopté- des aléas de la condition humaine. Une éventualité  qui, sous le couvert d’un acte médical,  peut tout d’un coup surgir dans le contexte d’une fin de vie douloureuse, même chez des gens qui jusque là n’avaient pas osé y penser.

Une interrogation demeure : doit-on voir dans cette nouveauté une avancée de civilisation?