Liberté de choix au royaume de la laïcité
Pour qui nous prend-on ?
Prolétaire chez nous
Gains historiques en péril
Une approche évangélique et humaine
Un calendrier trop révolutionnaire
Quand l'éthique fout le camp

 

MARCHANDS DE CANONS

L’Agence vaticane Fides (voir la revue Notre-Dame du Cap, janvier-février 2008) nous apprend qu’ « en 15 ans, de 1990 à 2005, l’Afrique a perdu plus de 300 milliards, qui ont été dépensés pour tuer et entretenir des guerres. Autant de richesses dilapidées et soustraites aux populations locales » On ajoute que « 95% des armes et des munitions viennent de l’étranger et sont produites par 19 pays ».

TROIS CENTS MILLIARDS ! Ce sont des dizaines et des dizaines de fois le montant de l’aide au développement que les Etats, des organisations missionnaires et des ONG envoient aux pays africains.

Question : qui sont ces dix-neuf pays qui s’adonnent au commerce des armes et dont une partie de la production militaire est exportée en Afrique ? Trouve-t-on sur cette liste les noms d’entreprises canadiennes, voire d’entreprises ayant pignon sur rue au Québec ?

Il est dit dans l’Evangile que la main droite ne doit pas chercher à savoir ce que fait la main gauche. Mais il ne lui est pas interdit de se demander à l’occasion de quoi s’occupe l’autre main. Autrement on risque de patauger en pleine hypocrisie. D’une part on prétend promouvoir le développement, d’autre part on vend des produits militaires dont l’utilisation anéantit les efforts de développement. La guerre, la destruction des habitations et des récoltes, les famines, les épidémies et la mort font route ensemble. La militarisation et le développement s’excluent l’un l’autre. On ne peut prétendre à la fois aider au développement et s’enrichir en se livrant au commerce des armes.

LOUIS O’NEILL
Février 2008